Notre séjour à Grenade

Du 28 avril au 2 octobre 2021

La navigation de la Martinique à la Grenade s’est bien déroulée.

Même à la noirceur, on ne s’y trompe pas. En passant devant St-Vincent, une forte odeur de souffre et de cendre, nous indique clairement que le volcan a fait éruption il y a peu de temps.

Nous atterrissons à Tyrell Bay, sur l’île de Carriacou. Pour la procédure d’entrée à Grenade, nous avons dû remplir un formulaire d’autorisation d’entrée en ligne. Il faut présenter un test Covid de notre dernière destination et nous devrons passer un nouveau test PCR au jour 4. C’est 800$ plus tard et suite à ce résultat négatif au jour 6 que nous serons enfin libérés de notre quarantaine.

Les Deux Pitons de Saint-Lucie sur notre route entre la Martinique et la Grenade.

La quarantaine est quand même passée rapidement. Nous avions approvisionné le bateau en conséquence, mais nous avions quand même hâte d’avoir la possibilité de nous dégourdir à terre.

Le jour de notre libération, nous irons au Paradise Beach Club pour le Sip & Paint. On immortalise notre passage ici en peinturant une affiche à l’effigie de Vahana. Les affiches sont ensuite installées au mur et permettent de laisser une trace des bateaux de passage.

C’est ici que nous ferons la rencontre de ISail2.0 et de Sunsplash, une famille québécoise qui voyage aussi en catamaran et avec qui nous partagerons de très bons moments. Puisqu’ils naviguent dans le secteur depuis 4 ans, ils seront une très bonne source d’informations pour notre séjour ici. De plus, ils sont d’une très grande gentillesse et générosité.

Quelque peu dépaysant, les chèvres ici sont nombreuses et se déplacent librement sur l’île de Carriacou .

C’est à Grenade que nous nous ferons vacciner. Le processus est simple et ouvert aux gens de passage. Le pays a souvent un surplus de vaccins car la population locale est très réticente à se faire vacciner.

Ici, le code de la route exige aux automobilistes de signaler leur présence aux piétons en klaxonnant. Alors vous imaginez le nombre de fois où l’on se fait klaxonner en marchant sur le bord de la route sur un kilomètre 😅😅😅. Pas très zen!!!

On se déplacera ensuite vers Sandy Island. Un petit coin bien tranquille où l’eau est limpide et les couchers de soleil magnifiques.

Nous nous dirigeons ensuite vers l’Anse La Roche, toujours à Carriacou. De cette baie, nous ferons une belle petite randonnée où nous aurons le privilège de rencontrer deux tortues de terre.

On ira aussi chez Tim’s, un petit restaurant établi dans la baie de l’Anse la Roche où les plats sont apprêtés sur le BBQ et servis de façon conviviale sur des tables aménagées au bord de la plage. C’était délicieux!

L’Île Ronde est une petite île déserte située entre Carriacou et Grenade. C’est un endroit qu’on affectionne et nous y irons à quelques reprises, parfois en compagnie de Total Freedom, Sunsplash et Darwin Sound.

Ici, très peu de réseau Internet, une belle baie, de magnifiques fonds marins. Une petite randonnée vers le nord de l’île nous fera découvrir une plage remplie de cocotiers et où les enfants s’amusent dans les grosses vagues avec leur bodyboard.

Sunsplash a péché un thon et ils partageront leur prise au grand bonheur de tous. Sushis Time! Merci les amis 😍

Cest ici qu’on soulignera la fête des Pères

4 papas qui profitent bien de leur journée avec leurs moussaillons

Tout près de l’île Ronde, se trouve le volcan submergé Kick’Em Jenny. Il est bien indiqué sur les cartes de navigation qu’il est interdit de circuler dans ce secteur. Il y a des phénomènes physiques particuliers dues à la densité de l’eau qu’on pourrait rencontrer. Alors, tel que recommandé, on contourne la zone.

On se déplacera ensuite vers l’île même de Grenade. Le sud de l’île est composé de plusieurs grandes baies protégées. Cependant, l’eau est beaucoup moins claire qu’au nord. La baignade est donc un peu moins tentante.

Ici, les services sont bien organisés. Une grande communauté de navigateurs y passent plusieurs mois dû aux exigences des compagnies d’assurances pendant la période cyclonique. Le matin, sur la radio VHF, les commerçants annoncent à tour de rôle leurs offres de produits et de services. Il y a un marché rotatif ( fruits & légumes, boulangerie, etc) qui se déplace de baie en baie pour satisfaire plusieurs besoins de base.

Il y a aussi les shoppings bus, permettant aux navigateurs des différentes baies d’accéder aux points de services les plus importants sur l’île tels que l’épicerie, la banque, la quincaillerie, etc.

Ici, il y a un IGA. L’offre est moins importante qu’au Québec et les prix sont beaucoup plus élevés. Mais c’est quand même un bonheur de retrouver des aliments auxquels on n’avait plus accès depuis près de deux ans comme des bagels, de la relish ou du fromage orange en tranches. 😉

Malgré tout, l’approvisionnement demeure un défi permanent. On retrouve rarement tout ce qu’on souhaite à l’épicerie et il faut être créatif pour avoir un menu varié.

Une belle option lorsqu’on est à Carriacou consiste à s’approvisionner par l’entremise de René. Son père possède un kiosque de fruits et légumes à Tyrell Bay. La fin de semaine, René se rend à Sandy Island avec son bateau chargé de victuailles. Lorsque possible, il propose aussi du poisson frais.

Finalement, c’est à Grenade que nous découvrirons le callaloo. Un légume constitué de grande feuille que nous faisons cuire comme des épinards ou du kale. C’est délicieux avec une sauce à la noix de coco.

On s’offrira aussi quelques belles soirées au Phare Bleu, au restaurant Island Fever. Les mercredis ailes de poulet attirent beaucoup de monde. Les bières du 4 à 6 font le bonheur des grands tandis que les petits s’amusent incontestablement dans la piscine. Il n’est pas rare d’y trouver plus d’une vingtaine d’enfants!

On remontera ensuite vers La Molinière afin d’aller explorer les statues du parc sous-marin. Elles sont nombreuses et nous sommes très heureux d’avoir fait notre formation d’apnée pour bien descendre bien les observer au fond de la mer. Toute la famille a beaucoup apprécié ce moment dans ce lieu inédit.

Beaucoup de québécois sont à Grenade. Une fête de la Saint-Jean-Baptiste sera organisée pour qu’on puisse célébrer cet événement ensemble. Au menu; Poutine ( oui, oui, avec du vrai fromage skouitch, skouitch!) et du pouding chômeur pour dessert grâce à l’organisation de Annie et Marc-André de AirCool et de Marie et Gilles du Meat & Meet, des québécois ayant leur commerce sur place.

Une très belle soirée en compagnie de nombreux navigateurs québécois; Darwin Sound, Total Freedom, Sunsplash, Air Cool, Manikoutai, Audrey, Kayenne, Extase, etc.

Nous terminerons la soirée avec un feu de camp et des chansons à la guitare. C’est le monde à l’envers quand on pense qu’au Québec les gens ne peuvent pas se rassembler en ce moment. Une belle soirée bien entourés, un succès sur toute la ligne!

Une des traditions à Grenade, ce sont les hash’s. Ça fait partie de l’expérience Grenadienne. Il s’agit de randonnées dans des sentiers balisés à l’aide de feuilles déchiquetées, donc éphémères. Il y a un circuit pour les coureurs et un autre pour les marcheurs. Les hash’s ont lieu tous les samedis. L’activité s’adresse autant aux athlètes qu’aux familles. Elle permet une bonne intégration des locaux et des gens de passage. Chaque semaine propose un lieu différent, souvent des endroits où on n’a pas l’autorisation de circuler en temps normal et souvent des endroits boueux à souhait! L’ambiance est à la fête.

Nous avons été baptisés (à la bière!) lors de notre premier hash. Les organisateurs voulaient aussi souligner l’anniversaire de Charlotte, mais croyez moi, elle ne s’est pas laissée faire 😅

Nous fêterons tour à tour l’anniversaire de tous les membres de l’équipage à Grenade. Tout d’abord le demi-siècle de François, ensuite un party de sushis pour la fête de Charlotte, l’anniversaire de Lyne et finalement celui de Jacob.

Félicitations à Charlotte et Jacob qui viennent de graduer de leur seconde année scolaire à bord de Vahana. Charlotte est promue en 6e année alors que Jacob fera sa 4e année en mode bateau-école.

On ira aussi visiter une distillerie de gin, aménagée dans un petit local du Phare Bleu. Le propriétaire de Blue Light nous donne des explications sur le processus de fabrication, la création des arômes, la coloration de son gin bleu. On termine le tout par une dégustation de ses produits. Une petite visite fort intéressante.

Nous profiterons aussi de notre séjour à Grenade pour inscrire Charlotte et Jacob dans un camp de jour pour une semaine. L’objectif est d’améliorer leur confiance et leurs aptitudes en anglais tout en s’amusant. Le camp est basé dans un ancien bateau phare, Le phare bleu. Pendant la semaine, diverses activités leurs seront proposées mais c’est assurément le hobbycat qui remportera la palme de l’activité la plus cool! Surtout qu’ils auront la possibilité de le diriger eux-mêmes sur l’eau.

Grenade a une belle université qui attire beaucoup d’étudiants américains. Dès le mois d’août, les étudiants débarquent en grand nombre. Nous irons nous balader dans le secteur du campus.

La vie tropicale vient avec plusieurs avantages mais aussi quelques inconvénients. L’un d’entre eux se nomme la dengue. Cette maladie tropicale se transmet par les moustiques.

Lyne et Charlotte auront été piquées ( c’était prévisible 😉) par des moustiques porteuses et subiront tour à tour les effets de cette maladie tropicale; fièvre, courbatures, manque d’énergie. Bref, un train qui vous passe sur le corps pendant 4-5 jours.😅 Mais on s’en remet!

Et le Covid dans tout ça? À notre arrivée à Grenade, le pays avait un bilan exemplaire avec très peu de cas et de bonnes pratiques sanitaires.

Par contre, les locaux sont très réticents à se faire vacciner. Moins de 15% de la population est vaccinée.

Le virus aura rattrapé Grenade et les cas monteront en flèche dès le mois d’août. On imposera finalement une quarantaine très stricte. Tout est fermé, même les écoles, sauf les services essentiels. Pas le droit de naviguer la fin de semaine. Pas le droit de se déplacer inter-îles de Grenade à Carriacou, ni de fréquenter d’autres navigateurs. On se sent à nouveau coincé. Vraiment pas évident de voyager en 2021 dans le contexte actuel.

Cette situation nous amènera à quitter prématurément la Grenade pour nous diriger vers St-Vincent/Les Grenadines, même si nos assurances ne nous couvriront pas en cas de tempête nommée.

Grenade en photos

Prochaine destination: Saint-Vincent, Les Grenadines

À bientôt!

3 mois en Martinique

28 janvier au 27 avril 2021

La traversée est derrière nous. Il y avait quelques chose de rassurant dans cette routine crée au fils des jours. Un quotidien simple et fragile à la fois. Nous atterrissons au Marin, en Martinique, et sommes à la fois heureux et fatigués par ces moments passés en mer.

Vidéo de notre arrivée filmé par Vanamo ⛵️

Puisque nous venons de passer deux semaines isolés sur l’eau, aucune quarantaine n’est exigée lors de nos procédures d’entrée.

Le soir même, les équipages fraîchement débarqués de Manawa, MokaV, Vanamo et Vahana se retrouvent au restaurant MangoBay pour célébrer nos traversées. L’ambiance est à la fête! Une satisfaction pour tous d’être arrivés à bon port après cette traversée. Un sentiment de fierté et d’accomplissement.

Les jours suivants seront ponctués du départ des équipiers de chacun des bateaux. On se retrouve donc souvent au restaurant pour souligner leur départ successif. Au revoir Francesca , au revoir Jean, les équipiers de Manawa avec qui nous avons visité le Cap Vert.

Daniel, notre équipier, se pressera de retourner au Québec pour éviter les nouvelles mesures annoncées de quarantaine à l’hôtel. Nous avons beaucoup apprécié sa présence parmi nous. Ce fut une expérience de partage vraiment agréable. Les soirées de vaisselle des boys à la lampe frontale sont terminées, mais on continuera de penser à lui quand même 😉. Daniel est embarqué à bord de Vahana sans nous connaître et sans avoir déjà fait de la voile mais avec le rêve de traverser l’océan. Il avait la motivation et la volonté de s’impliquer dans la vie à bord et dans les manœuvres. Il repartira de Vahana en tant qu’ami. Il a su bien prendre sa place à bord et il manquera à toute la famille.

Daniel, peu avant son départ.

En Martinique, nous goûterons et apprécierons les accras de poissons et de légumes. Ce sont des petites bouchées enrobées dans une pâte frite. C’est très gras mais oh combien délicieux! 😉 On n’a qu’à faire la petite randonnée du Calvaire pour compenser ces calories de trop. Une petite randonnée bien sympathique où nous croisons beaucoup de petits lézards.

Vue du Calvaire

Question gastronomie, nous goûterons aussi le poulet Colombo. Nous ferons la découverte des papayes vertes à cuisiner en salade, des caïmites ou pommes de lait qui s’apparentent en goût et en texture aux litchis, des prunes de cythère, un peu surettes et surtout des piments végétariens ( je sais, le piment est végétarien en soi, mais c’est ainsi qu’on nomme cette variété) qu’on cuisinera abondamment. C’est un piment qui n’est pas piquant mais qui est très relevé en saveurs. On en ajoute dans nos sandwichs, sur nos pizzas, dans nos omelettes, bref, à toutes les sauces. Le choix des produits en épicerie est un peu plus limité mais se rapproche néanmoins de l’offre de la France avec un peu moins de variétés et certains prix un peu plus élevés. L’épicerie la plus complète sera le Leclerc à Fort de France qui est accessible en autobus ou en voiture. Sinon, nous nous contentons d’un petit Auchan, de LeaderPrice (un peu douteux…) et de petits marchés locaux.

Charlotte développe une belle complicité avec Vanessa de Vanamo. Puisque Vanessa est finlandaise, toutes deux doivent s’exprimer en anglais pour communiquer. Elle progressera rapidement. C’est fascinant de l’observer prendre confiance en elle pour discuter avec son amie en anglais.

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, les finlandais célèbrent l’amitié. Nous serons donc conviés sur Vanamo avec nos amis Manawa pour célébrer cette journée avec eux.

Nous ferons aussi le rencontre de d’autres équipages québécois avec qui nous passerons de bons moments.; Total Freedom, Darwin Sound et Gros Loup.

On passera beaucoup de temps avec Total Freedom, un équipage avec lequel nous nous lierons rapidement d’amitié.

Merci a Total Freedom pour la photo ⛵️

Après avoir refait le plein d’énergie et de victuailles, nous décidons de remonter la côte ouest de la Martinique. Un de nos premiers arrêts fut celui de l’Anse d’Arlet. ❤️ Coup de cœur pour ce lieu magnifique où les fonds marins nous permettent une première expérience de nage avec les tortues et plusieurs poissons colorés. Des moments magiques où le temps s’arrête pour profiter de l’environnement qui nous entoure.

On fera aussi une charmante petite balade à Morne Champagne.

Notre prochaine destination sera Fort-de-France, la capitale de la Martinique. Nous y visiterons la superbe bibliothèque de Schoelcher. Il fallait voir le bonheur dans les yeux des enfants de déambuler dans les allées de livres jeunesse, en français s’il vous plaît!!!

On profitera beaucoup du transport en commun pour nous déplacer en ville. Au programme; épicerie, Décathlon, encore une épicerie et pourquoi pas, …on retourne aussi au Décathlon 😉

On remarque que les Martiniquais semblent cependant un peu rebelles par rapport aux mesures Covid. Plusieurs ne portent pas le masque dans les transports en commun. Ils organisent aussi des événements en grand groupe sans distanciation sociale. On se doit donc d’être plus vigilants sachant qu’eux le sont moins 😉

Nous aurons le bonheur de visiter la cascade Didier. S’y rendre est une expédition en soi, mais quelle belle récompense à l’arrivée!!! Le paysage est à couper le souffle! Malheureusement, François s’est blessé le pied en glissant sur des roches pendant le trajet du retour. Il aura de la difficulté à marcher pendant quelques semaines. Ça met donc en veille nos projets de cours de kite et/ou de wing foil. De toute façon, il semblait compliqué, compte tenu de l’âge et du poids de nos enfants, de les intégrer à ces activités. On devra aussi renoncer à la montée du Mont Pelé qui est assez exigeante. On trouvera bien d’autres façons d’explorer la Martinique et de nous amuser 😉.

Petite remontée au nord où nous visiterons Saint-Pierre. Une ville chargée d’histoire. L’éruption du volcan de la montagne Pelée a créé beaucoup de dégâts et a anéanti plusieurs vies humaines (près de 30 000 morts) le 8 mai 1902. Nous y visiterons les vestiges de l’église, de l’opéra et de la prison. Un drame qui aurait possiblement pu être évité avec un peu plus de vigilance, car il y avait eu des signes quelques jours précédant la tragédie et une évacuation préventive aurait fait toute la différence.

Nous serons bien heureux de retrouver nos amis de Niue eux aussi rendus en Martinique. Nous irons visiter la distillerie De Paz en leur compagnie. Nous cueillerons des mangues, des pommes de lait et nous nous amusons dans les tiges des arbres caoutchouc. La distillerie est située sur un superbe terrain et les bâtiments y sont très bien entretenus. Il y a beaucoup d’affiches explicatives qui accompagnent les différentes étapes de la fabrication du rhum. Des gens qui travaillent sur place nous fournissent aussi diverses explications. Superbe journée remplie d’apprentissages et de plaisir.

C’est aussi à partir de Saint-Pierre que nous louerons une voiture en compagnie de nos amis Total Freedom pour aller explorer le versant est de l’île. Nous découvrons de nouveaux paysages avec une végétation beaucoup plus luxuriante au nord de l’île. On ira se balader au Tombolo de Sainte-Marie où il y a une langue de sable qui relie un îlot à l’île principale lors des marées basses et nous ferons un pique-nique près de Caravelle. Une autre journée fort agréable.

Adrien et Marie-Pier de Gros Loup nous invite à bord de leur voilier pour remonter jusqu’à l’anse Couleuvre. Nous irons visiter la cascade Couleuvre. Dès notre arrivée au mouillage, le décor est splendide. Cette cascade est très différente de la cascade Didier. Elle est beaucoup plus haute mais il n’y a pas de grands bassins pour se baigner à ses pieds. La route pour s’y rendre est beaucoup plus facile d’accès. Un beau décor spectaculaire.

Deux statues sous marines Maman d’lo se trouvent au mouillage de Saint-Pierre, tout près du voilier de Total Freedom. Un peu plus au sud, une épave d’avion gît au fond de l’eau. On ira explorer ces endroits en famille.

Il faut être vigilant car parfois le courant peut être puissant dans le nord du mouillage de Saint-Pierre. En ramassant des vêtements à sécher sur les filières, j’ai échappé un morceau accidentellement. J’ai immédiatement sauté à l’eau pour le ramasser. Cependant, le courant m’éloignait rapidement du bateau et je n’arrivais pas à combler l’écart. Je suis pourtant une bonne nageuse mais j’ai du demander à François de venir me chercher en paddle board.

Le lendemain midi, je remarque un nageur assez loin de notre catamaran. Nous sommes attablés et il nous fait de grands signes en se tenant sur une bouée de pêcheurs. On comprend vite qu’il est en détresse. François part à sa rescousse en annexe. Le nageur avait quitté la plage pour aller explorer les fonds marins et, malgré ses palmes, il ne parvenait plus à retourner au bord. Il était rouge tomate et très reconnaissant du sauvetage improvisé.

François est rendu un spécialiste des sauvetages. Le lendemain, un vieil homme un peu déboussolé n’est plus capable de démarrer le moteur de son bateau et il dérive. Avec notre dinghy, François ira porter le bateau sur une boule de mouillage pour le sécuriser.

Sauvetage du trimaran

Et comme on ne s’ennuie pas ici, le lendemain, un trimaran s’est mystérieusement détaché de sa boule de mouillage et dérive au large. Personne n’est à bord et si on ne réagit pas, il sera vite emporté au large. On appelle du renfort et c’est en équipe que nous réussirons à ramener le trimaran de bonnes dimensions sur une nouvelle boule qu’on espère sécuritaire. Décidément…

On redescend ensuite encore à Fort de France pour les facilités d’approvisionnement et pour récupérer notre MacBook qui a été laissé en réparation ici. Nous profiterons du grand parc pour faire un après midi cerf-volant avec les enfants. Moment en toute simplicité mais fort agréable.

C’est ici que nous aurons la chance de croiser Michèle et Manu sur Martin. Michèle est une enseignante à la retraite. Une passionnée! Elle a enseigné plusieurs années en Martinique et c’est aussi une navigatrice. Elle s’implique beaucoup auprès des enfants de navigateurs et a créé un groupe qui se nomme les Colibris Voyageurs. C’est une sorte de plateforme de réseautage pour les enfants navigateurs et quelques uns de ces anciens élèves martiniquais. Michèle propose différentes activités pédagogiques et sociales pour les enfants et elle est d’une très grande générosité. La rencontrer a été pour nous un privilège et Charlotte et Jacob sont maintenant inscrits au groupe des Colibris.

Niue nous fera ensuite découvrir l’île Petit Îlet que nous surnommerons affectueusement l’île aux poules. Nous sommes allés y pique-niquer avec Eliane, Patrice, Naël et Camille. Les poules et poussins étaient très nombreux sur cette petite île inhabitée. Ils picoreront avec entrain nos restes de table.

Nous y retournerons en compagnie de Total Freedom pour aller explorer la mangrove de la Rivière Salée. L’ambiance nous laisse ambivalents. Le lieu est à la fois très beau, très calme et paisible mais aussi très questionnant. On retrouve plusieurs déchets tels que des pneus, des bouteilles de plastique qui jonchent la bordure de la mangrove. Nous y croisons aussi plusieurs poissons morts. Nous n’en connaissons pas la raison mais soupçonnons la qualité de l’eau.

Nous aurions souhaité faire une formation de plongée sous-marine. Cependant, Charlotte et Jacob sont trop jeunes pour être admis dans les cours. On choisi donc plutôt une formation en apnée. On se dit que ça nécessite peu d’équipement et que, même si nous avons une certaine aisance dans l’eau, on obtiendra sûrement des conseils pour améliorer nos façons de faire.

Nous contactons donc Frank de ApnéeMotion à l’Anse Mitan. Il aura la flexibilité d’organiser une formation familiale avec une première journée d’initiation en compagnie de Total Freedom et deux journées supplémentaires pour François et moi afin d’obtenir notre certification Aida 2. Nous ne regretterons aucunement cette formation qui nous aura permis de nous dépasser et de comprendre le fonctionnement de notre respiration. Les résultats sont surprenants! Les enfants réussissent à descendre à 10M sous l’eau (environ 30 pieds) tandis que François et moi descendrons jusqu’à 16M (environ 50 pieds). J’aurai besoin d’une demi-journée supplémentaire pour atteindre tous les objectifs de la certification, mais nous en sommes tous sortis grandis et confiants.

Un beau dépassement de soi. De plus, c’est toujours pratique de pouvoir aller récupérer des objets au fond de l’eau ( On a beau faire attention, notre maison est entourée d’eau, donc, il arrive de petits accidents,,,) ou d’avoir la possibilité de dégager un fil autour d’un hélice ou de décoincer une ancre qui serait en mauvaise posture. Bref, nous avons joint l’utile à l’agréable avec cette formation de 3 jours.

C’est bientôt Pâques et ça sent le printemps. On organisera un brunch cabane à sucre à bord de Vahana en compagnie de Total Freedom. Au menu; gaufres, muffins aux œufs, jambon, salade de fruits, beignets aux pommes, patates rissolées, pet de sœurs et même du beurre d’érable. WoW!!! On se régale!!!

Stéphanie de Total Freedom aura aussi la gentillesse d’inviter Charlotte à bord pour une journée de confection de bijoux. Le bonheur pour notre cocotte qui aime tellement ça!!!

On fera aussi un atelier de fabrication de savons à bord de Vahana grâce à Stéphanie qui me partagera son savoir-faire. La balance est un peu fofolle car la stabilité sur l’eau est précaire. Le résultat sera malgré tout assez satisfaisant 😊

Nous retournerons à Sainte-Anne. Ici le vent est constant, toujours présent et soutenu. Les enfants ne peuvent donc pas trop s’éloigner du bateau lors des baignades. Nous irons nous balader aux Salines en compagnie de Total Freedom et de Darwin Sound. Une belle petite randonnée familiale où nous croiserons beaucoup de crabes sur le chemin. Les enfants s’amusent avec les bodyboard tandis que les parents jouent aux quilles finlandaises. Défaite cinglante pour tous lors de la dernière partie qui s’est terminée à zéro point pour l’ensemble des participants au bout d’une heure de jeu. Difficile de faire pire 😂

Petit moment magique sons et lumières. Le voilier ancré derrière nous est équipé de table de montage. Un DJ live mixe pendant un splendide coucher de soleil.

En résumé, ces trois mois en Martinique nous aurons permis de voyager à un rythme plus lent. Le Covid nous y aura fait séjourner plus longtemps que si nous aurions eu la liberté de mouvements habituelle. Nous en aurons profité afin de prendre du temps pour nous, pour relaxer et explorer en famille et entre amis. Nous y aurons aussi fait de très belles rencontres et aurons visité des endroits magnifiques. Beaucoup de belles soirées bien arrosées. Parfois des jeux de cartes ou des guitares, mais toujours des moments précieux en bonne compagnie. Nous organiserons aussi, avec Total Freedom, des soirées ciné-parc à bord de Vahana avec le visionnement de La sagesse de la pieuvre et Le grand bleu. De beaux moments!

Bref, la Martinique a beaucoup à offrir. Nous aurions souhaité y louer à nouveau une voiture quelques jours lors de notre dernière semaine afin de retourner visiter la côte est, visiter d’autres distilleries et faire quelques randonnées supplémentaires comme le sentier des Esclaves, le mont Pelé, etc. Cependant, les mesures Covid imposent de nouvelles mesures nous empêchant de nous éloigner à plus de 10km de notre bateau. Les restaurants et certains commerces doivent fermer. Il en est de même pour le zoo et les jardins de Batala, aussi fermés en raison du Covid.

Nos assurances nous demandent d’être positionné plus au sud dès le 1er juin. Ça nous laisse donc peu de temps pour aller explorer les îles à proximité situées au nord et les options sont plutôt limitées vu la situation actuelle. La Guadeloupe est fermée et peu d’options dont envisageables. La Martinique a la générosité de nous offrir les test Covid gratuitement avant notre départ, ce qui est très apprécié. Notre prochaine destination sera la Grenade puisque Saint-Vincent est au prise avec une éruption volcanique.

Le voyage est fait de belles rencontres cependant éphémères. C’est ici que nous devrons nous séparer de nos amis de Manawa, de Vanamo, de Niue, de MokaV. Nous garderons de très bons souvenirs des nombreux moments passés en leur compagnie. On espère croire que ce n’est qu’un au revoir. L’avenir nous le dira.

Transatlantique

Résumé jour 1 à 4

Position au 18-01-2021 à 1200 UTC
16’08’24,4”N 32’23’21,5”W
Distance totale parcourue a 1200: 437MN/1850(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,9K

Vitesse moyenne du vent:

Jour: 19,5K
Nuit: 19,5K

Vitesse surf max: 15,9 K

Etat de la mer: actuellement vagues longues 2m

Désolée pour le silence radio des premiers jours mais mon état ne me permettait pas d’écrire.

Derniers préparatifs avant le départ. Daniel est allé chercher les pains commandés à la boulangerie, dernier lavage de bateau et réception du fichier météo.

Nous quittons le port en matinée. On annonce environ 20-25k de vent avec des vagues de 2,2m.
Finalement, la première journée, nous aurons eu droit à une mer bien formée dans 3-4m de vagues courtes. C’est plutôt inconfortable. Et au souper, pour Lyne et les enfants, c’est le festival de la chaudière 😦
Les vents sont soutenus à plus de 35k avec des rafales a 44k.
Notre moussaillon Daniel aura vite compris la difficulté à garder son café dans sa tasse 😉 vu les mouvements saccadés du bateau.

Au deuxième jour, le vent baisse un peu mais la mer demeure bien formée avec des vents soutenus à plus de 30 noeuds.

À partir du troisième jour, le vent et la mer se stabilisent. Nous avons une bonne vitesse d’avancée malgré que nous sommes sous-voilé avec un ris dans la GV et le génois roulé à 50%. C’est une allure nous permettant de nous ralentir afin d’avancer au même rythme que Manawa.
Tout le monde à bord se porte bien même si Lyne souffre encore un peu du mal de mer. Ça s’atténue de jour en jour.

Chaque matin, il y a des poissons volants qui ont atterri sur le bateau durant la nuit. Il commence aussi à y avoir des regroupements de sargasses à la dérive. Déjà!!


Le ciel est un peu voilé, mais il fait beau et chaud.
François s’est improvisé professeur suppléant pour aujourd’hui. L’enseignante est en congé de maladie mais reprendra du service bientôt 😉

Résumé jour 5

Position au 19-01-2021 à 1200 UTC
15’52’37,7”N 034’47’17,9”W
Distance totale parcourue a 1200 UTC: 578,3/ 2150MN soit près du quart du trajet :)(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 6K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 21,3K
Nuit: 18,6K

Vitesse surf max: 16,3K

Etat de la mer: actuellement vagues longues 2m

Nous filons à bonne allure depuis le départ. Malgré un ris dans la GV et un génois enroulé à 50%, nous atteignons une bonne vitesse de croisière. La chaleur et l’humidité se font de plus en plus présentes. Nous prenons le rythme des quarts. Mon corps (Lyne) s’adapte à la mer et je vais mieux. Sinon, tout va bien:)

Résumé jour 6

Position au 20-01-2021 à 1215 UTC
15’40,345”N 037’14,524”W
Distance totale parcourue a 1215 UTC: 722,6/ 2150MN soit près du tiers du trajet :)(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 6K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 19,2K
Nuit: 18,6K

Vitesse surf max: 16,3K

Etat de la mer: actuellement vagues longues 2m

Tout va bien, les vents ont baissé un peu. Nous devons faire fonctionner le dessalinateur car nos réserves d’eau baissent. Notre consommation d’eau demeure à environ 30l/jour pour l’ensemble de l’équipage. En refaisant de l’eau une fois de plus, nous devrions avoir tout ce qu’il nous faut jusqu’à l’arrivée.

Le ciel est plutôt couvert mais la chaleur a considérablement augmenté aujourd’hui. La mer s’est légèrement aplatie. Hier, nous avons tenté de pêcher mais il y avait trop de sargasses.
Nous jouons à Uno, Scrabble et autres jeux et faisons l’école. Les enfants dorment dehors toutes les nuits, ils s’y sentent plus confortables et il y a toujours un adulte qui y veille 🙂

Résumé jour 7


Position au 22-01-2021 à 1200UTC
15’21,298”N 041,56,043”W
Distance totale parcourue a 1200UTC: 999,8/ 2150MN soit près de la moitié du trajet :)(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,9K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 16,5K
Nuit: 19,1K

Etat de la mer: actuellement vagues croisées 1- 2m

Tout va bien à bord. Nous avons quitté Mindelo il y a exactement une semaine et à ce rythme, cette nuit nous aurons parcouru la moitié du trajet.

Manawa a réussi à pêcher un Mahi-Mahi. De notre côté, toujours aucune prise.
Depuis 3 jours, la chaleur est suffisamment bien installée pour qu’on prenne notre douche à l’extérieur sur la plage arrière. De cette manière, ça génère moins d’humidité à bord et en plus c’est agréable de se doucher en plein-air. Aussi, plus besoin de vider la douche qui contient beaucoup de surplus de réserves de nourriture.

Côté gestion de la nourriture: L’Alchimiste, une famille québécoise ayant traversé en catamaran l’an passé nous a donné plusieurs conseils pour la nourriture. Tout d’abord, nous avons fait un très bon approvisionnement en produits secs aux Canaries. Ceci en vue de la traversée mais aussi pour les Caraïbes. Certains produits sont difficiles d’accès par la suite et seront aussi beaucoup plus dispendieux.

Nous avons donc fait le plein en riz, pâtes, gruau d’avoine, couscous, farine, sucre, etc. Aussi en tomates broyées, maïs et petits pois en conserve, etc.
Nous avons aussi acheté une grosse meule de gouda protégée par une pellicule de cire. Une fois que nous l’aurons entamée, nous couperons des quartiers que nous emballerons sous vide.

En Europe, plusieurs produits ne sont pas réfrigérés. Les œufs, le lait et la crème en carton et même certains yogourts. Cela nous permet de minimiser la place prise par ses aliments au frigo.
Jusqu’à présent, nous avons malheureusement gaspillé quelques pains, une courgette et quelques oignons qui n’étaient plus bons.
Nous avons 1 petit frigo et 2 petits congélateurs à bord. Dès que de l’espace se libère au frigo, nous en profitons pour y réintégrer des aliments qui étaient temporairement tempérés faute de place comme des poivrons, des fruits, etc.
Nous n’avons plus de micro-ondes (On s’en est débarrassé au Portugal car c’était lourd, ça prenait beaucoup de place et il servait très peu.), il faut donc anticiper les repas pour la décongélation.
Nous avions déjà plusieurs repas de cuisinés d’avance qui avaient été congelés et mis sous vide. Cela nous permet de maintenir un apport en produits vitaminés malgré que le frais diminue graduellement. Ainsi, nous mangeons de façon relativement équilibrée.
Nous avons adoré le Cachupa, un plat traditionnel du Cap Vert. C’est un mijoté de pois chiches, maïs, haricots avec du chou, des patates et un bouillon savoureux. Nous en avons un repas de réfrigéré et un de congelé. Un délicieux repas typique rempli de saveurs et de beaux souvenirs du Cap Vert.

Résumé jour 8

Position au 23-01-2021 à 1226UTC
15’01,562”N 044,14,56,951”W
Distance totale parcourue a 1226UTC:1139/ 2150MN(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,9K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 15,7K
Nuit: 14,1K

Etat de la mer: actuellement vagues longues 1m

Résumé jour 9 et 10

Tout va toujours bien à bord. Les routages météo prévoient une arrivée le 30-01-2021 en soirée.
Même si nous avons un pilote automatique, la conduite du bateau doit être supervisée à tout moment du jour et de la nuit.
Au début, nous faisions des quarts de 3 heures en rotation. Nous avons modifié la formule. Nous maintenons les 3 heures. Cependant, Daniel fait les quarts 20:00-23:00 et 05:00-08:00. François et Lyne alternent les quarts 23:00-02:00/ 08:00+ et 02:00-05:00.
Pendant notre quart, on doit s’assurer qu’il n’y a pas de bateaux dangereux ( jusqu’à présent, à part Manawa avec qui on navigue, on ne croise pas grand monde!), que le pilote tient bien son cap, que le vent ne change pas d’allure, sinon il faut apporter des ajustements. On est aussi attentifs aux différents bruits.
Il faut donc avoir un œil sur le bateau, mais on peut aussi faire autre chose en même temps que la surveillance. Parfois, on fait de la lecture, de l’écriture. On écoute de la musique ou on regarde des séries/films téléchargés sur Netflix. On peut aussi jouer à des jeux électroniques comme Scrabble. Sinon, on peut juste profiter du moment et relaxer en regardant la lune qui se reflète sur l’eau et les étoiles. 🙂 Si on est très fatigué pendant notre quart, on se met des alarmes aux 15 minutes juste au cas où notre contemplation se transformerait en sommeil 😉
Comme nous nous dirigeons constamment vers l’Ouest, il faut régulariser l’heure. Nous avons reculé d’une heure ce matin et nous sommes maintenant sur le fuseau UTC -2, ce qui correspond à 3 heures de plus qu’au Québec. Lors de notre arrivée en Martinique, nous aurons seulement une heure de décalage avec le Québec.
À plus

Position au 25-01-2021 à 1308UTC
14’51,701”N 048’47,623”W
Distance totale parcourue a 1308UTC:1406/2150MN(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,8KVitesse moyenne du vent: Jour: 14,4K
Nuit: 11,5K

Etat de la mer: actuellement vagues longues 1m

Le vent a diminué depuis quelques jours. Nous utilisons donc davantage notre gennaker qui est une plus grande voile appropriée pour un vent plus faible.
Plus le vent est faible, plus nous avons la possibilité de mettre une plus grande surface de voile. De cette façon, nous maintenons une vitesse de déplacement satisfaisante.

Actuellement, nous pourrions combiner le gennaker à la GV ou au génois. Nous avons même testé la combinaison des 3 voiles réunies en mettant la GV et le génois dans le sens opposé du vent et le gennaker à contre. De façon surprenante, cette combinaison performait bien.
Cependant, puisque nous voyageons avec Manawa, de leur côté, leur plus grande voile ( un parasailor) ne peut pas être combinée à d’autres voiles. Il faut donc se limiter à leur vitesse maximum. Leur parasailor avance grossomodo à la vitesse de notre gennaker.
Habituellement, nous maintenons avec Manawa une distance d’environ 3 à 6 MN. On communique régulièrement avec eux par VHF et parfois via l’iridium. On a souvent un visuel sur leur bateau, mais assez au loin. Cependant, selon la distance, la hauteur des vagues, l’humidité de l’air, il arrive souvent qu’il soit près sans qu’on les voit autrement que sur notre système de positionnement AIS.

Hier, nous avons improvisé une rencontre en plein milieu de l’océan où les deux catamarans se sont rapprochés à quelques mètres l’un de l’autre. Au début, on se faisait des saluts au loin. On était contents de se revoir après plusieurs jours en mer. Nous avons passé près d’une heure côte à côte au cœur de l’Atlantique à se jaser d’un bateau à l’autre. Beau moment.
À plus

Résumé jour 11


Position au 26-01-2021 à 1159UTC
14’49,471”N 050’59,770”W
Distance totale parcourue a 1159UTC:1533/2150MN(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,8K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 19K
Nuit: 18K

Etat de la mer: actuellement vagues 2m


Nous n’avons pas eu de pluie depuis notre départ. Cependant, la couverture nuageuse est importante. Pendant la journée, il y a généralement un dégagement de quelques heures vers le dîner. Cependant, dès la fin de journée jusqu’au matin, le ciel est très nuageux.
Vahana est équipé de 1275 watt de panneaux solaires qui permettent de bien recharger 600A de batterie au lithium.
Lorsque nous sommes en petite navigation côtière ou en mouillage, ce parc énergétique correspond très bien à nos besoins. Cependant, en grande traversée, les équipements de navigation, comme le pilote automatique et la cartographie électronique, consomment beaucoup d’énergie 24 heures sur 24. Comme les heures de soleil sont réduites, notre consommation doit être modérée. Aussi, l’ajout du deuxième congélateur combiné à la température extérieure qui se réchauffe de jour en jour augmente la demande.
Habituellement, nous cuisinons principalement à l’électricité: induction et instatpot. Pour la traversée, nous privilégions la cuisson au gaz pour ménager notre électricité.
Nous prenons soin de fermer les lumières. Daniel et François font souvent la vaisselle le soir à la lampe frontale. Nous privilégions aussi la recharge de nos appareils électroniques (IPhone, IPad) le jour lorsque le soleil recharge au maximum.
Notre dessalinateur nous permet de transformer 140l/h. Son utilisation est très énergivore.
Heureusement , nous avons une capacité de 2x300l d’eau, donc on n’a pas besoin de faire fonctionner le dessalinateur souvent pendant notre passage.
À plus,

Résumé jour 12 et 13


Position au 28-01-2021 à 1158UTC
14’41,339”N 055’53, 738”W
Distance totale parcourue a 1158UTC:1823/2150MN(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,8K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 17,5K
Nuit: 19K

Etat de la mer: mer bien formée 2m+

La pleine lune nous éclaire et accompagne nos dernières nuits. Si tout se déroule bien, on devrait voir la terre demain et arriver en Martinique samedi, soit dans environ 48 heures.
Nous déjeunons avec de bons muffins maison aux pommes et un délicieux cappuccino. Une famille de dauphins viendra nous saluer pendant quelques minutes.


Le soleil est au rdv depuis hier et ça fait une grosse différence sur le chargement des batteries.
Manawa a subi une déchirure sur leur parasailor. Ils ont fait une réparation temporaire.
Nous avons pris une autre heure décalage ce matin. Nous avons maintenant seulement deux heures de décalage avec le Québec. Nous prendrons la dernière heure lors de notre arrivée.
Sinon, tout va bien à bord. À bientôt!

Résumé jour 14

Position au 29-01-2021 à 1158UTC
14’29,147”N 058’02,202”W
Distance totale parcourue a 1158UTC:1950/2150MN(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,8K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 12,7K
Nuit: 11K

Etat de la mer: vagues longues 1m

Nous ne voyons pas encore la terre. Elle sera perceptible demain matin. On a cependant croisé un tanker, vu un avion et on remarque plus d’oiseaux qu’à l’habitude. Ce sont des signes qu’on se rapproche des côtes.
Le vent a beaucoup baissé cette nuit. On avance lentement mais sûrement. L’heure d’arrivée est repoussée en soirée…
Je souhaitais cuisiner des muffins et des biscuits mais je manquais de beurre. Comme l’épicerie n’est pas très accessible 😉 Charlotte a proposé de fouetter de la crème en beurre. Nous n’avons pas réussi à transformer la crème en beurre mais avons quand même utilisé cette crème épaissie à la place du beurre et ça a bien fonctionné!
Cette nuit sera notre dernière nuit de traversée en mer.
Nous avons eu, pour la première fois depuis notre départ, un tout petit peu de pluie ce matin.
À bientôt

Résumé jour 15

Position au 30-01-2021 à 1158UTC
14’23,512”N 060’15,996”W
Distance totale parcourue a 1158UTC:2082/2150MN(Départ 15-01-2021 à 1130 UTC)

Vitesse moyenne de déplacement: 5,8K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 15,7K
Nuit: 18KEtat de la mer: vagues longues 1m

Moka qui se joint à notre sillage pour l’arrivée en Martinique

Deux belles surprises ce matin. Comme on s’y attendait, on voit la terre. Eureka!
Aussi, nos amis Moka, avec qui nous avions visité Gran Canaria, ont quitté les Canaries il y a 21 jours et sont directement sur notre route. Nous serons donc 3 bateaux pour l’arrivée 🙂


Nous gonflons les paddles board en vue de notre arrivée. Ensuite, puisque Manawa est loin derrière et que nous souhaitons les attendre pour l’arrivée, on décide d’affaler toutes les voiles et de sauter à l’eau. Une petite baignade dans l’Atlantique. Malgré les voiles affalées, Vahana avance à 3,5K. On s’attache donc avant de sauter à l’eau 😉

On entend souvent que la voile est le moyen le plus long et le plus cher pour se déplacer du point A au point B. C’est possiblement vrai. C’est cependant un tel privilège d’avoir une maison flottante et de pouvoir se déplacer avec elle d’un endroit à un autre! L’anticipation, l’attente, la hâte, l’excitation!

Dans ce monde où l’instantanéité est maître, où les désirs peuvent être satisfaits en un clic, où tout va vite, nous avons choisi de faire les choses différemment. De nous faire le cadeau du temps. Le temps que nous passons avec nos enfants. Avec ses hauts et ses bas. Le temps de voyager, de s’émerveiller, de découvrir, de traverser un océan à la voile.
Beaucoup de préparatifs; des sacs d’abandon, un radeau de survie, des moyens de communication d’urgence, une pharmacie de bord, des pièces de rechange au cas où…On espère le mieux mais on doit anticiper le pire, justement pour l’éviter.
Nous ne pouvons que nous sentir petit au milieu de l’immensité de l’océan. Nous ne pouvons que nous incliner face à la force des éléments naturels lorsqu’ils se déchaînent. Et nous ne pouvons que nous émerveiller devant tant de beauté: En toute simplicité, qu’on soit là ou pas pour y assister, jour après jour, la nature offre un merveilleux spectacle en continu. Les poissons volants, les dauphins, les couchers de soleil, le ciel étoilé et la lune qui se reflète sur l’eau. Merci.
Pendant ces 15 jours, la vie aura ralentie. Nous aurons vécu au rythme des vagues et du vent. Au rythme d’une vie en toute simplicité.
On ne sait pas ce que les enfants retireront de tout ça. On espère que l’expérience du voyage en général les fera grandir, que des moments comme cette traversée les aideront à se recentrer plus tard dans la vie. Qui sait?
Traverser un océan peut sembler loufoque ou grandiose. Peu importe, ça se fait un souffle à la fois. Pour nous, ce n’était pas le but du voyage, c’était une étape pour pouvoir le continuer. Pour profiter de cette chance de voyager avec Vahana.

Ca y est! On est arrivé en Martinique à 18h00. Nous avons mis l’ancre à la marina du Marin et ferons les formalités douanières demain matin.
Nous n’avons pas encore de carte réseau pour internet. Dès qu’on en a une on vous recontacte. 🙂

Le Cap Vert, petit pays, je t’aime beaucoup 🎶🎵

Janvier 2021

Nous sommes heureux d’arriver au Cap Vert. La navigation pour s’y rendre a été très facile. Notre équipier Daniel était même déçu par le manque d’action de notre passage Canaries- Cap Vert😉

On nous accueille chaleureusement au quai de la marina de Mindelo, sur l’île de Sao Vincente. On demande à peine à voir nos tests Covid lors de nos procédures d’entrée.

Nous avons choisi de nous installer à quai pour faciliter le va et vient des équipages de Manawa et de notre catamaran. Nous sommes nombreux. Ce sera plus facile pour les approvisionnements et les visites. Cependant, les quais offrent peu de protection et les amarres sont grandement sollicitées. Les mouvements provoqués par le vent et les vagues amènent un grand inconfort. Nous aurions été beaucoup plus confortables à l’ancre, mais la zone de mouillage était un peu plus à l’écart et ça compliquait la logistique.

Dès les premiers jours, ce qui nous frappe le plus chez les Capverdiens, c’est leur générosité. Ils veulent vraiment nous aider à trouver ce dont nous avons besoin. Ils sont très avenants et on sent qu’ils le font par gentillesse sans nécessairement attendre quelques chose en retour. C’est un peuple qui a le cœur sur la main et nous en garderons un excellent souvenir.

Nous irons manger à quelques reprises au Nautilus. La nourriture y est excellente, l’ambiance aussi. Le soir, des chanteurs offrent un spectacle. Cesaria Evora, qui est native du Cap Vert se produisait sur cette scène autrefois.

Un soir, il y a un problème avec tous les terminaux de paiement ainsi que les guichets automatiques. Le propriétaire nous laisse quitter les lieux en nous demandant gentiment de repasser demain pour régler la facture. J’ai du proposer de laisser une preuve d’identité et mon numéro de téléphone, mais il ne m’avait rien demandé et nous faisait confiance.

La langue officielle du Cap Vert est le portugais. Les locaux parlent aussi créole et le dialecte varie d’une île à l’autre. À l’école, ils doivent choisir une langue seconde, la majorité choisit le français et les autres l’anglais. Même si notre portugais est défaillant, c’est avec étonnement que nous arriverons aisément à communiquer avec les capverdiens souvent en français et parfois en anglais.

Nous sommes heureux d’avoir fait beaucoup de réserves de produits non périssables aux Canaries car ici l’offre est limitée. On doit faire plusieurs petits marchés pour réussir à combler nos besoins, surtout en produits frais pour la traversée à venir. Mais ça fait partie de l’expérience et les habitants sont très gentils, alors on garde le sourire.

Nous prendrons une journée pour traverser avec le ferry vers l’île de Sao Antao. Notre guide, Vitson, est très sympathique et disponible pour nous donner diverses informations. Attention cependant, les prix sont très flexibles disons et on s’est senti un peu arnaqué par sa proposition de départ.

Notre sympathique guide Vitson
FB Vitour Randonné

Vitson nous avait été référé par deux bateaux amis de navigateurs. Nous étions donc en confiance. Après un premier rdv pour qu’il nous propose ses suggestions, il doit nous recontacter pour fixer le tarif. Pour un groupe de 11 personnes, son offre initiale est passée de 11 550€ (oui, oui, vous avez bien lu !!!😬 forfait 3 jours- 2 nuits) à……..230€ pour tout le groupe pour une journée comprenant toutes les activités en condensé. Soit je suis très bonne négociatrice, soit un gars s’essaye!!!

On nous dit d’apporter une bouteille d’eau et de la crème solaire. Finalement, c’est notre imperméable qui nous aura été le plus utile. La journée est grise et très venteuse, Il pleuvra abondamment et étant trempés avec ce vent, on aura tous froid. Cependant, la magie opère car la brume donne une impression particulière aux lieux. Les paysages sont à couper le souffle. Ici, l’homme n’a pas dénaturé l’environnement. On sent que la nature a libre cours, qu’elle est respectée et c’est de toute beauté!!!

En descendant du ferry, il y a des centaines de guides et de conducteurs touristiques qui attendent en espérant qu’il y aura des clients pour eux. Vitson nous attend comme promis. Malheureusement, seul un faible pourcentage de capverdiens repartira gagnant car la pandémie affecte énormément le tourisme et c’est très difficile pour eux économiquement.

Après une superbe randonnée en montagne, nous irons dîner dans un petit restaurant familial où l’on nous sert en accompagnement un excellent jus de mangues frais. WoW!!! Le bonheur !!! Et c’est sans oublier la délicieuse Cachupa, un plat traditionnel à base de mais et de haricots. C’est un délicieux ragoût! On aimera tellement qu’avant notre départ, nous ferons préparer une commande pour apporter du restaurant Nautilus. Facile à réchauffer en traversée! 😉 On fera aussi l’achat d’une huile/rhum pimentée. Papilles sensibles s’abstenir, c’est de la dynamite!!!😂

L’après-midi nous permettra une balade dans une distillerie artisanale et la découverte de l’Est de l’île en minibus.

De retour à Sao Vicente, quelques jours plus tard, nous irons faire un tour à Sao Pedro, dans l’ouest de l’île. Le pays est encore une fois magnifique. Des pêcheurs ramènent leur barque bondée de red Snapper. La plupart sont dans la vingtaine et très en forme. Ils s’entraident beaucoup pour beacher les barques sur la plage. On nous explique que la zone est maintenant un territoire protégé pour les tortues et que les poissons sont pêchés à petite échelle . On tient à conserver un équilibre entre les profits et le respect de la nature. C’est tout à leur honneur!

Nous aurions souhaité visiter les autres îles plus au sud, mais le Covid et le manque de temps compliquent les choses.

Fin des préparatifs. On révise les sacs d’abandon, on finalise le menu et l’approvisionnement en nourriture. Et hop! Un petit tour dans le mât avant le grand départ. On avait fait inspecter par un gréeur professionnel avant notre départ de Canet en Roussillon, mais par mesure de sécurité, on veut s’assurer que tout est en ordre avant la transat.

Nous sommes un peu bousculés par des impératifs temporels de Manawa et des équipiers. Nous avons choisi de faire route ensemble, nous devançons donc notre départ, sachant que nous ne serons pas dans des conditions optimales et confortables les premiers jours de cette traversée. Il faut ce qu’il faut et it’s a go!!!

Malgré le vent omniprésent et l’inconfort de la place de quai, le Cap Vert nous a enchanté. Au risque de me répéter, c’est un peuple extrêmement serviable et accueillant. On s’y est beaucoup plu et on se sent privilégié d’avoir accès à de si beaux endroits dans notre parcours.

Maintenant, cap vers l’ouest, il faut traverser l’Atlantique ⛵️

Des Canaries au Cap Vert

Journal de traversée

30 décembre au 7 janvier 2021

Résumé jour 1


Position au 31-12-2020 à 1200
26’43,04,6’N, 016’11,13,3’W
Distance totale parcourue à 1200: 87,2MN

(Départ 30-12-2020 à 0930)

Vitesse moyenne de déplacement:4k

Vitesse moyenne du vent:

Jour: 5K
Nuit: 9k

Etat de la mer: calme


Notre première nuit s’avérera très douce. Une belle mer calme accompagnée d’une belle lune ronde qui nous éclaire.


Deux situations viennent cependant troubler notre quiétude.

Nos amis Manawa ont des problèmes avec leurs câbles de direction. Ils décident tout de même de poursuivre la route. On sent Isabelle inquiète et on espère que tout se passera bien pour eux.

On sait que la détresse humaine existe. On n’est cependant rarement confronté à une situation comme cette nuit. Les gardes côte communiquent avec nos amis pour nous informer que nous croiserons un bateau de migrants dans les prochaines heures. Ils sont 15 passagers à bord et avancent sur un bateau de fortune à voile en notre direction. Légalement, il nous est interdit de les aider. On doit aviser la garde côtière dès qu’on les croisera. On est conscient de l’immense privilège que l’on a d’être dans une position de liberté, d’avoir à bord tout plein de nourriture, d’avoir une maison flottante confortable qui est pour nous un havre de paix et de pouvoir conserver notre bulle avec nous en ces temps difficiles de pandémie. Ces gens qui voguent tout près de nous sont dans une situation tellement difficile de précarité et ils risquent tout pour traverser vers un monde meilleur. Leur message sur la VHF était un cri à l’aide et je pleure. Nous nous sentons impuissants. Les vents devraient augmenter dans les prochaines heures. Pour l’instant, on est au moteur.

Ce sera notre dernier message avant la nouvelle année, alors toute la famille en profite pour vous souhaitez une bonne nouvelle Année 2021. Puisse-t’elle nous apporter la santé, beaucoup d’amour, du bonheur et plus.

Résumé jour 2


Position au 01-01-2021 à 1200
25’17,50,0’N, 017’29,08,2’W
Distance totale parcourue à 1200: 192,4MN

Vitesse moyenne de déplacement: 4,5k

Vitesse moyenne du vent:

Jour: 4K
Nuit: 12K

Surf max: 9,4K

État de la mer: 1-2m, houle longue


La situation de Manawa semble fort heureusement sous contrôle malgré quelques réajustements de tension et un serrage de boulons. Nous réussissons à maintenir un écart raisonnable d’environ 5MN entre les deux catamarans.
Le vent se fait discret et tarde à arriver. Nous souhaitons ménager nos réserves de gasoil et tentons de limiter les heures de moteur. Il faut donc faire preuve de patience car nous avançons souvent sous les 3K, soit plus lentement qu’un humain se déplaçant à pieds. 😉 et la mer se gonfle un peu pour former une légère houle de fond. Un peu plus mouvementé qu’hier.

Ce sont des conditions confortables mais, malgré tout, je me suis sentie l’estomac barbouillé toute la journée. Les garçons me feront cadeau d’une heure de répit pour mes quarts. Nous faisons des quarts de veille de 3 heures en rotation de 1900 à 0700. La pleine lune nous accompagne. Tout le monde s’amarine tranquillement. Notre équipier Daniel participe bien et devient de plus en plus à l’aise avec les manœuvres. Les enfants sont plus éveillés aujourd’hui et on joue aux MonolyDeal et au MileBornes. Pendant la nuit, le vent augmente enfin entre 15 et 17K, nous permettant une vitesse de déplacement supérieur à 6K.
Nous n’entendons plus rien au VHF à propos des migrants, mais il reste bien là dans toute mon émotivité et je pense que ça influence beaucoup ma sensibilité au mal de mer car j’ai les émotions à fleur de peau. Un mélange de profonde tristesse et de gratitude.
Nous assistons à un beau lever de lune, phénomène rarement observable lorsque nous sommes à terre. La température est confortable, il a fait 24’C aujourd’hui et même la nuit commence à se réchauffer autour du 20’C.
C’est par une nuit de quiétude et tout en douceur que nous laisserons filer 2020 pour glisser paisiblement vers de nouvelles aventures en 2021. Une veille de nouvel an différente de ce que l’on a l’habitude, à l’image de l’année 2020 qui était rempli d’inédits.

Résumé jour 3


Position au 02-01-2021 à 1220
23’47,55,5’N, 018’56,27,2’W
Distance totale parcourue à 1200: 312,7MN

Vitesse moyenne de déplacement: 4,7K Vitesse moyenne du vent:

Jour: 14K
Nuit: 14K

Surf max: 10,9K

État de la mer: 2m, plus agitée
Les conditions de navigation sont idéales. Vents de 12 à 17 noeuds, grand largue/arrière. Une houle longue de 1 à 2 mètres. On ne pourrait pas demander mieux. On en profite car les fichiers météo prédisent une accalmie à partir de demain.
La gestion de l’eau va bien, nos réserves sont suffisantes. Notre consommation est plutôt frugale, soit environ 40-50L d’eau par jour à 5 personnes. Nous prévoyons utiliser le dessalinateur uniquement lorsqu’on aura à faire fonctionner le moteur avant notre arrivée au Cap Vert pour refaire le plein.
Pour la gestion de l’électricité, l’ajout de notre deuxième glacière congélateur Dometic ( 2x 40L congélateur + 1 frigo) vient solliciter le système. Combinée à des journées nuageuses et surtout à la période d’ensoleillement la plus courte de l’année, cela nous oblige à bien surveiller notre consommation. Nous n’avons heureusement pas besoin de faire du moteur pour recharger notre système de batteries. Cependant, nous optons pour cuisiner au gaz plutôt qu’à l’induction comme nous en avons l’habitude. Nous avions prévu des bouteilles de propane supplémentaires au cas où. À partir du Cap Vert, les heures d’ensoleillement augmenteront et le soleil sera mieux positionné pour nos panneaux solaires, donc ce petit inconvénient devrait être compensé. Somme toute, nous sommes très satisfaits de notre système.
Les journées sont plutôt relax à bord. Quelques manœuvres par ci par là pour ajuster les voiles, la préparation des repas, des jeux avec les enfants, etc
Nous venons tout juste d’apercevoir une baleine et son souffle au loin entre Manawa et nous.
Concernant Manawa: La bonne nouvelle, ils ont réussi à pêcher un mahi-mahi. La mauvaise nouvelle, suite à un ragage, leur drisse de parasailor s’est sectionné ce matin. Leur parasailor s’est donc subitement affalé dans l’eau mais ils ont réussi à le repêcher sans dommage.

Résumé jour 4

Je n’écris pas aujourd’hui, ca ira à demain.

Résumé jour 5


Position au 04-01-2021 à 1200
20’20,29,8’N, 021’48,22,7’W
Distance totale parcourue à 1200: 574,9 MN

Vitesse moyenne de déplacement: 5,6

Vitesse moyenne du vent:

Jour: 17K
Nuit: 12K

Surf max: 11,9K

État de la mer: 1m
C’est notre plus belle journée de navigation depuis le départ. La mer est belle et le vent constant. Les prévisions annonçaient une accalmie, nous nous étions préparés mentalement à faire du moteur. Finalement, il n’en fut rien et nous avons très bien avancé à voile toute la journée.
Manawa a réussi à pêcher un deuxième mahi-mahi. Wow!!! De notre côté, nous avons mis les lignes à l’eau mais notre vitesse de déplacement est probablement trop rapide pour pêcher. 😉

Nous avons près de 20MN d’avance sur Manawa car on voulait maximiser notre avancée à la voile. Le vent est finalement tombé pendant la nuit et nous devons nous résigner à partir le moteur. Ce sera du moteur pour plusieurs heures. On décide de remplir les réservoirs d’eau et j’en profiterai pour faire 2 brassées de lavage.
Le mal de mer diminue pour Lyne, la mer est très calme. Sinon, tout va bien à bord. La chaleur se fait réellement sentir depuis ce matin, il fait 31’C au thermomètre.

Résumé  jour 6

Position au 05-01-2021 à 1200
19’03,47,03’N, 023’00,,55,5’W
Distance totale parcourue à 1200: 669,7 MN

Vitesse moyenne de déplacement: 5,1K

Vitesse moyenne du vent: Jour: 6K
Nuit: 8K

Surf max: 11,5K

État de la mer: moins de 1m

Comme prévu, le vent est finalement tombé. La mer est plate comme un lac par une journée de grand calme. Il faut donc faire du moteur.
Tout le monde va bien à bord. Nous enchaînons les parties de Rummy, de Phase 10 et autres jeux.
Encore une fois, plusieurs dauphins nous accompagnent pendant un bon moment. Ils sont plus gros que ceux d’avant hier et sont tachetés de blanc. Un spectacle en pleine nature.

Nous assistons à un superbe coucher de soleil. Le ciel est magnifique. On décide de naviguer à voile une bonne partie de la nuit avec un ris malgré le 9K de vent, question de nous déplacer très lentement pour permettre à Manawa de nous rejoindre. Cela permet de diminuer l’écart entre les deux catamarans et au petit matin, nous sommes en mesure de distinguer leur mât au loin. Lentement mais sûrement. Il nous reste moins de 200MN pour arriver à Mindelo. Nous devrions arriver le 7 janvier avant la fin de la journée.

Résumé jour 7

Position au 06-01-2021 à 1200
16’51,03,2’N, 024’09,34,7’W
Distance totale parcourue à 1200: 753,7 MN

Vitesse moyenne de déplacement: 5K

Vitesse moyenne du vent:

Jour: 5K
Nuit: 5K

État de la mer: moins de 1m
Toujours très peu de vent. On persiste avec les voiles à tous les moments possibles. Mais on doit régulièrement réajuster et parfois les moteurs sont nécessaires.

Ce matin, nous sommes à 80 MN du Cap Vert et nous percevons enfin la terre!!! Nous avançons très lentement et devrions arriver demain comme prévu. On vient de hisser le drapeau jaune et le drapeau du Cap-Vert en fonction de notre arrivée.
Tout le monde va bien à bord et l’école a repris depuis deux jours. Nous entamerons notre dernière nuit de quart sous peu. On se met un peu de musique africaine pour nous mettre dans l’ambiance. Vivement notre arrivée demain!
Nous aurons eu une superbe traversée. On aurait pris un peu plus de vent mais on a eu d’excellentes conditions de mer.

Nous aurons finalement réussi à attraper notre premier mahi-mahi après plus d’un an de voyage. Mais il était trop petit, alors nous l’avons remis à l’eau. La nuit sera douce et des plus étoilée. Nous réglons nos voiles afin de réduire notre vitesse pour éviter une approche de nuit et atteignons notre destination …
Nous avions bien pris le rythme et aurions pu poursuivre la route plus longuement. Notre escale au Cap Vert nous permettra de visiter brièvement l’endroit, de faire quelques réparations pour Manawa et de nous réapprovisionner en produits frais avant la transatlantique.

Les Îles Canaries

Du 23 novembre au 30 décembre 2020

Nous arrivons à Lanzarote, à la Marina de Rubicon le 23 novembre 2020.

On a bien hâte de se dégourdir un peu les jambes. On va donc explorer les alentours. Une balade près de la marina nous permettra tout de suite de constater le caractère particulier de la géologie des lieux. Les îles Canaries sont des formations volcaniques et Lanzarote a gardé beaucoup de traces de ce passé. Le sol est couvert de pierre volcanique et le sable est noir.

La piscine, beaucoup de boutiques et de restaurants sont fermés à cause de la pandémie. On a tout de même la possibilité ( avec quelques complications supplémentaires 😉) de louer une voiture pour aller visiter l’île.

Nous choisirons une voiture 8 places et serons accompagnés de nos amis Niue pour nos découvertes.

Tout d’abord, le parc naturel de Tymanfaya où l’on peut observer des cratères volcaniques. Nous devons circuler en autobus (tour guidé) car il s’agit d’un site protégé qui n’est pas accessible en voiture. Les paysages sont très impressionnants. On se croirait sorti tout droit d’un film de science fiction.

Nous irons ensuite pique-niquer dans un petit sentier au pied des montagnes volcaniques. La terre est aride et le paysage surréaliste.

Nous nous déplacerons ensuite vers le nord de l’île afin d’avoir un point de vu sur la Graciosa. La Graciosa devait être notre point d’entrée initialement. Cependant, par solidarité avec Niue qui avait des problèmes techniques, nous avions préféré les accompagner jusqu’à Rubicon.

Notre visite nous amènera ensuite vers Cueva de los Verdes. Il s’agit d’une rivière souterraine de lave qui a créé des tunnels similaires à des grottes. C’est magnifique et encore une fois très impressionnant.

Nous étions en contact avec Manawa, une famille de québécois qui voyage aussi en catamaran et qui ont été bloqué en Sardaigne pendant le confinement alors que nous étions en Espagne. Nous avons eu de nombreux échanges depuis plusieurs mois avec eux et ils approchent les Canaries.

Ils auront des problèmes techniques pendant leur trajet Gibraltar-Canaries et nous tenterons de les soutenir le mieux possible à distance et seront très heureux de les accueillir à leur arrivée à la marina.

Les vents et courants nous dissuadent de nous diriger vers l’île de Fuerteventura. Nous nous dirigeons donc directement vers Gran Canaria.

Victime d’une indigestion, Lyne sera malade pendant toute la traversée et prendra deux jours à se remettre sur pieds.

Cette situation nous fera réfléchir sur la suite de la traversée à deux pour faire les quarts, sachant que la majorité des équipages que nous rencontrons prévoit intégrer des équipiers à leur équipage.

Las Palmas nous permettra de faire le plein de denrées en prévision de la transatlantique. Nous retournerons plusieurs fois à l’épicerie pour remplir le bateau de victuailles. Merci à Annick et François de l’Alchimiste qui seront de bons guides pour nos achats de réserve.

Une journée d’école un peu différente, nous allons visiter le musée de la science et de la technologie. On s’amuse avec les énigmes et on explore la science sous un angle ludique. Finalement, à la sortie du musée, il y a un marché de Noël où l’on peut goûter les tipunchs. Il faut bien se préparer pour les Antilles! 😉

Les Canaries seront remplies de belles journées de jeux pour les enfants.

C’est aussi le pays des arcs-en-ciel. Nous en verrons presque tous les jours lors de notre passage.

Nous louerons aussi une voiture pour aller visiter l’île à quelques reprises avec Niue, MokaV et Manawa. Au centre de l’île, là où les sommets sont plus élevés, les points de vue sont magnifiques! Bien qu’étant aussi une île volcanique, Gran Canaria s’avère très différente de Lanzarote. Gran Canaria est beaucoup plus verdoyante.

Nous aurons aussi beaucoup de plaisir à aller déambuler dans les dunes de sable au sud de l’île. C’est grandiose avec ses amonts de sable à perte de vue.

Isabelle de Manawa propose une activité aux enfants à l’occasion de Noël. Les enfants décorent des biscuits et vont ensuite les distribuer aux différents bateaux sur notre ponton de marina. Ils écrivent des vœux de joyeux Noël dans la langue d’origine de chacun des bateaux de passage. Un beau moment de partage apprécié de tous.

Cet élan de solidarité aura un effet boomerang. Les navigateurs voudront à leur tour gâter les enfants. Ainsi, ils recevront un gâteau panetone italien, une galette de dattes, une montagne de délicieuses crêpes bretonnes, etc.

Les enfants dégustent les crêpes et le gâteau. Miam!!!

Le geste d’Isabelle et des enfants était gratuit. On se disait que tous ces navigateurs loin de leurs familles seraient réconfortés par une petite pensée. Bien joué! 🥰

Nous fêterons Noël sur Vahana en compagnie de nos amis de Niue, Manawa et Vanamo. Un beau moment rempli de partage et de simplicité.

Nous avons une pensée pour nos familles au Québec qui célèbrent Noël d’une façon un peu particulière en ce temps de pandémie.

Malgré que nous sommes loin de nos proches, nous nous sentons privilégiés de pouvoir partager cette célébration entourés de navigateurs de la Suisse, de la France, de la Finlande et du Québec. Ce voyage nous aura permis de belles rencontres.

Nous aurions souhaité visiter La Gomera et les îles plus à l’ouest mais le Covid amène son lot de contradictions dans les procédures d’entrée pour les navigateurs. Nous obtenons des réponses opposées selon la personne à qui nous adressons nos demandes. On patauge dans une zone grise et c’est à la tête du client. On préfère donc s’abstenir pour éviter les embrouilles.

Après réflexion, nous décidons d’ajouter un équipier à notre équipage pour la traversée. Il y a des prospects sur place, aux Canaries. Cependant, on est frileux à l’idée d’embarquer quelqu’un qu’on ne connaît pas et pour qui nous n’avons pas de références. Manawa nous propose la candidature de Daniel, un ami à eux, qui n’a jamais fait de voile, mais qui chérit le rêve d’effectuer une traversée. Après quelques FaceTime, le processus est engagé et Daniel quittera le Québec dans quelques jours pour venir nous rejoindre à Las Palmas.

Il arrivera sur Vahana par un soir bien arrosé sur Niue. François et Fred qui devaient aller le chercher à l’aéroport ne sont pas en état de conduire. Ce sera donc Isabelle et moi qui iront l’accueillir à son arrivée pendant que les hommes cuvent leur rhum sur les trampolines 😉

Lyne est victime d’un vilain mal de dents. Souhaitant éviter tout risques d’infections en traversée, je prends donc rdv avec un dentiste.

Étonnée de la qualité high-tech des installations et du tarif, toute la famille aura donc droit à un examen et un nettoyage complet avant notre départ. Pour 80$, j’ai eu droit à 2 radiographies, un nettoyage complet à l’ultrason ainsi que des crèmes analgésiques. Le tout s’avérera être tout simplement une inflammation de la gencive. La dentiste s’exprimait très bien en français et en anglais. Vu le contexte, elle m’a prescrit des antibiotiques au cas où la situation s’aggraverait en traversée.

Alexandre le pirate, notre ancien voisin de quai à Barbate, se trouve sur l’île avec son voilier et aura la gentillesse de venir nous saluer (avec sa rate Rainette 😬) juste avant notre départ pour la transatlantique. Nous sommes très contents de revoir ce coloré personnage apprécié de toute la famille 😊.

Nous décidons de faire la traversée vers le Cap Vert et la transatlantique accompagnés de Manawa. Nous trouvons plus agréable et sécuritaire d’avoir un bateau à proximité pendant le trajet. Niue a un échéancier différent tandis que Moka V et Vanamo vise la Guyane.

Test Covid le matin du départ et c’est parti! C’est donc le 30 décembre 2020 que nous quitterons Las Palmas en direction du Cap Vert. L’année 2021 se pointera pendant notre déplacement. De nouvelles aventures à venir! Et pour saluer notre départ, les dauphins viendront nous dire bonjour.

Gibraltar aux Canaries

Octobre et novembre 2020

La France vient d’entamer son 2e confinement et nous avons quitté sur le champ car la navigation y sera interdite. Notre départ de Canet en Roussillon nous mènera jusqu’à Gibraltar en 14 jours sans halte à terre. On alterne les nuits au mouillage avec celles en navigation. On a un rythme soutenu car on veut s’assurer de ne pas être confinés en Espagne. Nous y avons déjà goûté en mars 2020 et on veut éviter d’être pris au piège. Ça bouge vite et les annonces sont souvent faites sans trop de délai pour la mise en place des nouvelles procédures. Nous passerons donc le cap de Gibraltar le 11 octobre 2020.

Mouillage en Espagne, à Peniscola. Ce château a été utilisé lors du tournage de Games of Trones.

Nous sommes accueillis à la marina de la Linea par nos amis de Niue.

On aurait aimé aller visiter Gibraltar, mais le Covid empêche les non européens de traverser la frontière pour revenir ensuite en Espagne. On restera donc à La Linea, en Espagne, le temps de finaliser certains préparatifs et d’attendre la bonne fenêtre météo pour nous diriger vers les Canaries.

Avec Camille et Naël de Niue

Nous devrons patienter quelques jours avant qu’une fenêtre météo favorable s’installe pour la traversée. Entre temps, nous nous familiarisons avec notre Irridium Go, qui sera notre moyen de communication pour obtenir les fichiers météo en mer et pour contacter nos familles et amis.

Petite vidéo des enfants pour les élèves avec qui ils correspondent au Québec. 😊

François fait des travaux sur le bateau et aperçoit au loin une silhouette et un voilier qui lui semblent familiers. Oh! La belle surprise!!! Je lui confirme qu’il a bien vu, c’est Carlos! C’est avec grand plaisir qu’on retrouve nos amis et anciens voisins de quai de Barbate, Carlos et Carmen qui sont à La Linea en même temps que nous. Un heureux hasard. Nous discutons avec eux de leur projet imminent de retraite et de la possibilité de devenir des navigateurs à temps plein. Ils améliorent leur bateau en vue de cette future étape.

Fidèle à leur grande générosité, juste avant notre départ, ils remettront leurs 2 trottinettes à Charlotte et Jacob. Les enfants sont très heureux. On se dit au revoir avec l’espoir de les recroiser l’an prochain dans les Antilles.

Nous décidons de faire la traversée de Gibraltar aux Canaries en binôme avec Niue.

Voici notre journal de traversée:

Résumé jour 1

Position au 19-11-2020 à 120034’46,278’N, 007’34,576’W

Distance totale parcourue à 1200 (départ 18-11-2020 a 1030): 141,9MN
Vitesse moyenne de déplacement: 5,6kn
Vitesse moyenne du vent:
Jour: 26kn
Nuit: 16kn
Rafales max: 36kn
Etat de la mer: longues vagues arrière 1-2m


On avance bien. Nous réussissons à trouver le rythme avec Niue. Nous sommes légèrement plus rapide qu’eux à moteur. À voile, selon l’allure, parfois eux, parfois nous. On réussit à maintenir pas plus de 2-3MN entre nous. On communique par VHF pour les manoeuvres et autres.


Avarie: Problème avec enrouleur du gennaker. On a du l’affaler, car incapable d’enrouler. Rien de grave, mais on ne peut plus l’utiliser tant que le vent sera soutenu car la réinstallation sera plus délicate et devra attendre une accalmie.


Niue a des problèmes de déconnexion GPS et ils n’ont plus accès aux données de leur speedomètre et anémomètre.

Sinon, on longe la côte du Maroc qui est à 65MN, entre Tanger et Rabat. On aurait tellement souhaité visiter le Maroc dans ce voyage, malheureusement , ça ne sera pas possible car les frontières sont fermées (Covid).


Toute la famille se porte bien même si les enfants ont beaucoup dormi.
A demain

Résumé jour 2

Position au 20-11-2020 à 122033’29,022’N, 009’33,,461’W

Distance totale parcourue à 1200 (départ 18-11-2020 à 1030): 273,1MN

Vitesse moyenne de déplacement: 5,5K

Vitesse moyenne du vent:

Nuit: 16kn

Jour: 26kn

Rafale max:33kn

État de la mer: vagues longues arrière 2,5m- 3m

Acalmie vers 1000, on démarre le moteur


Notre corps s’adapte tranquillement à la navigation. Nous faisons des quarts de 3heures. Jacob a été malade 2 fois, mais il va mieux. La chaleur commence à se faire sentir et les journées sont très confortables.

La météo annonce moins de vent, donc plus de moteur que les prévisions initiales.

Niue et nous avons été encerclés par un groupe de 6 orques

Plusieurs accidents ont été répertoriés récemment en Espagne où des orques s’attaquaient à des voiliers en fonçant sur les safrans et en causant parfois des dommages importants. Nous étions donc partagés entre l’excitation et l’émerveillement de croiser ces magnifiques bêtes et l’incertitude face à leur intention. Finalement, ils sont restés autour des bateaux un bon moment ( au moins 30 minutes) et ont heureusement quitté les lieux sans aucun incident.


Pour nous, pas d’avarie, youppi!!!
Par contre pour Nos amis, ils ont un problème avec le moteur bâbord. De l’eau semble s’être mélangée dans le circuit d’huile. Ils vont donc rouler juste sur le moteur tribord, à faible régime, pour économiser leur gasoil. Ils ont peur d’être à court. On se ralentit pour les attendre. Nous avons 4 bidons pleins au cas ou ils en auraient besoin.
Tout le monde se porte bien.

À demain

Position au 21-11-2020 à 121131’57,158’N, 010’59,200’W

Résumé Jour 3

Distance totale parcourue à 1211:387,7MN

Vitesse moyenne de deplacement: 5,4kn

Vitesse moyenne du vent:

Jour:7kn
Nuit: 5kn

État de la mer: La mer s’est aplatie. Légère houle de 1m

Notre corps est bien amariné. Nous retrouvons notre vigueur et notre appétit habituel. Les enfants jouent, on fait un peu d’école, la vie reprend à bord de Vahana. On prend tous une bonne douche chaude.
Nous profitons de l’accalmie pour réinstaller le gennaker sur son enrouleur à poste. L’opération se déroule sans anicroche.
Les faibles vents nous obligent à poursuivre à moteur. On ajuste notre vitesse à celle de Niue.
Pas d’avarie, un beau soleil et plus de la moitié de la route de parcourue.

Résumé jour 4


Position au 22-11-2020 à 122030’22,899’N, 012’19,814’W


Distance totale parcourue à 1220: 500,4/~650MN

Vitesse moyenne de déplacement: 5,4kn

Vitesse moyenne du vent:

Jour: 9kn
Nuit: 9kn

État de la mer: Calme, max 1m de houle

Nous prévoyons atteindre les îles Canaries demain, soit le 23-11-2020 vers midi.
Tout se passe bien. Il fait beau et chaud. Nous alternons voile et moteur du aux faibles vents.
Les enfants s’occupent bien: lecture, dessin, Légo, etc.
On vous reconfirmera demain après notre arrivée.
À bientôt

Résumé jour 5

Ça y est! Nous arrivons à la marina de Rubicon le 23-11-2020 à 13h00.

Notre traversée a été une très belle expérience. Nous sommes un peu fatigués du aux 4 nuits en mer à veiller pendant nos quarts, mais moins que ce que j’avais anticipé.

Nous sommes très satisfaits de notre monture et nous avons bien confiance en Vahana pour la longue traversée Transatlantique à venir prochainement.

Nous prendrons le temps d’explorer les îles Canaries dans les prochaines semaines.

Canet-en-Roussillon

1er au 29 octobre 2020

Réparations, retrouvailles et rencontres

Le froid commence à bien se faire bien sentir et nous visons Canet-en-Roussillon afin d’effectuer différents travaux. Nous passerons donc rapidement devant Marseille et seront bloqués à mouillage pendant quelques jours en Camargue car de forts vents de plus de 40 noeuds sont annoncés pour quelques jours. C’est cependant à Leucate où nous aurons eu la plus grande surprise car, alors que le météo annonçait 16 noeuds de vents pour la nuit, nous aurons subi un vent constant pendant quelques heures de plus de 55 noeuds. Rien de confortable, particulièrement avec une vague de côté. Pour la première fois depuis le début du voyage, je peux dire que j’ai eu peur.

En Carmague, il n’y a pas que du vent. Nous aurons le privilège d’assister à de magnifiques envolées de flamants roses. De plus, des Canadaires viennent pratiquer leur manœuvres tout près de notre mouillage. C’est très impressionnant de voir les avions remplir leur ventre d’eau et par la suite la déverser. Tout un spectacle!

Nous n’avions pris aucune Marina depuis notre confinement à Barbate en Espagne et vivions très bien à l’ancre depuis trois mois et demi.

Mais pour faire faire des travaux, c’est un mal obligatoire.

Notre expérience de préparation à LaRochelle nous laissait un petit arrière goût en bouche et c’est, un peu, beaucoup à reculons que nous nous sommes présentés à Canet-en-Roussillon pour régler certaines situations datant de la livraison de Vahana.

Tant qu’à être bloqué pour les travaux, on décide de faire d’une pierre deux coups et de faire le carénage et l’anti fouling.

Nous serons accueillis par Claire de chez Axium Marine. Nos échanges avaient toujours été par écrit, mais elle avait deviné nos origines québécoises par des tournures de phrases et certaines expressions 😉

Elle s’empresse donc de nous présenter à des amis navigateurs ayant deux enfants . Ces ainsi que nous ferons la connaissance de Lynn (une acadienne), Laurent, Océanne et Mathieu. Voir leur page web ici.

Nous partagerons de très beaux moments avec eux et ils nous feront aussi faire la connaissance de Niue avec qui nous aurons le plaisir de faire un bon bout de chemin 😍.

C’est au petit marché de fruits et légumes de Canet que nous goûterons les raisins vert les plus délicieux qui soient. Le pain de la boulangerie est aussi très bon. Mais c’est d’autant plus agréable que nous improvisons de temps à autre des 5à7, des apéros souper, avec nos nouveaux amis.

Les enfants sont aussi contents d’avoir des amis avec qui s’amuser. On organise une journée ramassage d’ordures autour de la marina.

Les enfants iront aussi visiter l’arboretum. Ils y goûteront l’arbouse, fruit de l’arbousier et recevront plein d’informations sur les cactus par un jardinier passionné.

Lors de la sortie de l’eau de Vahana, Jacob se fait proposer par le grutier de conduire le travel lift avec la manette. Vous auriez du voir les étincelles dans ses yeux!!!

Nous profiterons de notre séjour à sec pour aller visiter nos amis Camil, Sandra et Nohan avec qui nous avions partagé de bons moments au Portugal. Ils se sont sédentarisés et travaillent sur un projet de gîte à Aix en Provence.

Comme nous sommes près de Marseille, on nous initiera au Pastis et à la pétanque 😉. Et Camil fera encore plein de tours de magie aux enfants.

Nous serons très heureux de les revoir et ils nous ferons découvrir leur beau coin de pays. Nous cueillerons en pleine nature du thym, du romarin, de la lavande et de la roquette. Un beau moment avec des gens qu’on apprécie beaucoup 🥰.

En revenant de notre séjour à Aix en Provence, nous retrouvons Vahana sous une bonne couche de sable. Les gros vents ont déménagé d’importantes quantités de sable dans l’air et on a peine à reconnaître notre bateau que nous avons bichonné, nettoyé, ciré avant notre départ. Il est tout brun-rouge et un grand ménage s’impose.

Nos travaux avancent de bon train. C’est Nicolas de chez BMS qui prendra en charge notre dossier et il sera d’une grande efficacité.

Nous sommes arrivés ici un peu à reculons, car les travaux ne sont jamais vraiment une partie de plaisir sur un bateau. Cependant, chapeau autant à Claire de chez Axium Marine qu’à Nicolas de chez BMS. Ils ont bien travaillé et ont respecté l’échéancier.

Claire a même eu la gentillesse d’offrir des cadeaux aux enfants à notre départ; une carte du monde à gratter et du chocolat 😍.

La mer nous appelle et il faut faire vite. Le matin de notre départ de la Marina, la France annonçait un nouveau confinement avec interdiction de navigation dès la fin de la semaine. Nous remettons donc rapidement Vahana à l’eau et quittons la France avec de très beaux souvenirs, de belles retrouvailles et de nouveaux amis.

Apéro improvisé avec nos amis

Nos amis ont la générosité de nous prêter leur voiture pour que nous puissions effectuer un bon approvisionnement en prévision de nos grandes traversées. Nous voulons stocker plus qu’à l’habitude étant donné les possibilités de reconfinement.

Nous avons peur que les mesures prises en France soit aussi appliquées en Espagne. Comme nous avons vécu un premier confinement de trois mois en Espagne et que nous voulons éviter de revivre un scénario similaire, nous avancerons très vite vers Gibraltar en prévision de notre traversée océanique. C’est ainsi que nous passerons devant Barcelone, Valence et Cartagena, malheureusement sans même s’y arrêter. Nous sommes rendus si près de la traversée, il serait vraiment dommage de rester coincés et confinés.

Levée de soleil, départ de Canet en Roussillon vers Gibraltar juste avant le confinement.

Allez, on bouge!!!

La Côte d’Azur

1er au 30 septembre 2020

De prime abord, il faut l’avouer, nous avions une image préconçue un peu snob de la Côte d’Azur. Nos préjugés défavorables ont eu tord et nous avons été étonnés par l’accueil chaleureux que nous y avons reçu. Cette destination, sans attente, aura finalement été l’un de nos plus gros coups de cœur de tout notre voyage.

Après une traversée de près de 20 heures, nous atterrirons à Menton, la ville de la France la plus à l’ouest de la côte Méditerranéenne à la frontière de l’Italie. Ici, le français et l’italien se côtoient régulièrement dans les conversations.

Déjà, à notre arrivée à Menton, la ville nous offre toute sa splendeur. Les magnifiques bâtisses aux teintes ocres se laissent enrober par les rayons du soleil qui frappent sur les murets anciens. Un charme inexplicable se dégage de ce lieu avant même d’y avoir mis les pieds.

Fête du Citron — WikipédiaConsulter
Créateur : Photographer: PATRICK VAROTTO
Droits d’auteur : Copyright: http://www.photovarotto.com

Menton est une ville qui bénéficie d’un exceptionnel 315 jours d’ensoleillement par année. Ce microclimat permet une excellente culture du citron. Ils sont les plus grands producteurs de citrons d’Europe. Le citron de Menton porte une Indication de Géographie Protégée. Chaque année, en février, le festival du citron présente un carnaval avec des chars ornés de citrons et d’oranges.

Et que dire de leur limoncello ❤️❤️❤️et du petit marché.

À Menton, tout est bien pensé pour l’accès à la plage. Bel aménagement avec plusieurs bancs sous pergolas avec jets brumisateurs, casiers gratuits pour y déposer et sécuriser ses effets personnels, douches, etc. On facilite la vie des vacanciers et c’est très apprécié!

La ville met aussi à disposition plusieurs points d’eau de source pour se désaltérer. Wow!

Nous passerons des heures à déambuler dans la vieille ville. Les petites ruelles piétonnières se tortillent entre elles et plusieurs impasses, maintenant clairement indiquées, servaient autrefois à tromper l’ennemi et à le capturer lors d’attaques.

Nous recevrons une invitation de Martine, une gentille navigatrice mentonnaise dont la fille habite maintenant au Québec. Elle nagera jusqu’à notre bateau pour discuter avec nous, ensuite nous inviter et elle est revenue par vents forts pour s’assurer que tout était correct à bord. Malheureusement, la météo nous obligera à nous déplacer rapidement et nous ne pourrons échanger que brièvement avec cette personne très conviviale et hospitalière. Elle voulait nous faire goûter ses beignets de courgettes, dommage qu’on ai raté ça!

Le train étant très accessible, nous en profiterons pour aller (près de Nice) au Applestore 3x afin de régler différents problèmes sur différents appareils.

C’est aussi à partir de Menton que nous irons en train à Monaco et à Nice.

Devant le célèbre casino de Monaco

Lors de notre passage, Monaco était très peu animé à cause du Covid. La majorité des restaurants et des boutiques étaient fermés. Le manque de tourisme minait réellement l’ambiance.

Nice semble moins souffrir des difficultés liées à la pandémie. Il y a beaucoup de gens qui y circulent et l’ambiance est bonne.

C’est ici que nous découvrirons les gelatos Fenocchio. Plus de 100 saveurs de crème glacée y sont proposées. Toutes plus alléchantes les unes que les autres. Coups de cœur pour Meringue/citron ❤️ Elles sont tellement délicieuses que nous referons un détour en train ( + de 20€) uniquement dans le but de revenir en manger. Un moment de pur bonheur!

Petite particularité de la plage de Nice ( ainsi que d’autres plages sur la Côte d’Azur), la plage n’est pas en sable mais plutôt en galets. Plusieurs roches plates servent à accueillir les visiteurs qui s’y étendent comme si c’était confortable 😉!

À Menton, nous aurons droit à un autre fameux bateau mal ancré chassant vers le rivage cette fois. Le propriétaire n’étant pas à son bord, les sauveteurs en mer doivent intervenir. Le propriétaire est arrivé à bord pendant l’opération de sauvetage et la quille du voilier était malheureusement bien coincée dans le sable. Après plusieurs manœuvres, les sauveteurs ont finalement réussi à décoincer la quille.

Chapeau et respect à ses braves hommes et femmes qui, bénévolement, contribuent à la sécurité des gens de la mer. Très impressionnant!

Le A yatch dormira à nos côtés à deux reprises. En 2017, il était le plus grand voilier du monde, 143m!!!

Nous nous dirigerons ensuite vers Antibes. Décidément, les coups de cœur de manquent pas ici! La vieille ville est très charmante et nous y mangeons de délicieuses focaccia. Nous marchons beaucoup pour découvrir la ville et nous sommes toujours surpris de constater à quel point les enfants peuvent bien suivre le rythme sans rechigner. Il n’est pas rare de parcourir plus de 20km quotidiennement. Ça fait beaucoup de petits pas en une journée!

Notre prochain mouillage sera aux Îles de Lerins. Un magnifique mouillage entre deux îles. Nous visiterons Saint Honorât. Sur cette petite île, se trouve un monastère. Des visites guidées permettent d’obtenir beaucoup d’informations sur le mode de vie des moines dans cet abbaye où l’on cultive le vin et les olives. Un moment de sérénité dans ce lieu paisible empreint de spiritualité et de simplicité.

Restaurant inusité, une pizzeria fabrique à bord d’un catamaran des pizzas qui sont livrées en dinghy aux bateaux en mouillage. Nous aurions bien aimé en profiter, mais un catamaran de sortie de jour (c’est à dire bondé de touristes avec de la musique à tue tête! 😬) nous fait fuir vers un lieu plus paisible.

Ensuite, petit mouillage dans les calanques d’ Anthéor où nous mettrons l’ancre à proximité d’un très joli pont magnifiquement éclairé la nuit.

Nous passerons devant St-Tropez sans nous y arrêter, faute de temps. L’automne commence à bien s’établir et nous visons Canet en Roussillon pour finaliser certaines réparations sur Vahana.

Un arrêt au Marché de Lavandou s’avérera mémorable. La panoplie de kiosques propose plusieurs produits régionaux. Les marchands sont très sympathiques et conviviaux. Nous aurons plaisir à discuter avec plusieurs d’entre eux.

Nous aurons la chance de goûter les fameux beignets de courgettes, une spécialité régionale. Le vendeur, étant à la fin de sa journée, d’une grande générosité, nous en remets 10 plutôt que 6. À la pâtisserie, nous commandons 2 baguettes de pain, encore très généreusement, on offre aux enfants des tartes tropéziennes. Un espèce de gros beigne fourré à la crème pâtissière. Un vrai régal! Et c’est sans compter les suçons au miel de lavande qu’une autre commerçante aura offerts aux enfants. On se délectera aussi des olives marinées, des artichauts marinés, des tomates séchées, de l’ail rose ainsi que plusieurs autres produits. Une visite très agréable et un échange avec des commerçants très sympathiques.

Notre prochaine destination de la Côte d’Azur sera l’île de Porquerolle. Encore un coup de cœur pour nous. Nous aurons le plaisir d’y visiter un vieux moulin à vent restauré. Le mécanisme à l’intérieur est surprenant et ingénieux. Des guides nous en expliquent le fonctionnement.

Nous visiterons aussi le fort de l’île où se trouve plusieurs informations sur l’histoire de l’île, sa faune, sa flore, etc. Nous prendrons en photo plusieurs affiches qui serviront ensuite à alimenter le programme scolaire de Charlotte et Jacob. De la pédagogie à partir du concret.

Finalement, notre dernière destination de la Côte d’Azur sera l’île de Bendor et Bandol. Magnifique île appartenant à Paul Ricard. ( le fameux pastis!😉) Il y a intégré de nombreuses œuvres d’art et en a dessiné l’aménagement. On s’y sent dans un univers artistique à part. Beaucoup de quiétude se dégage de ce lieu riche en culture.

La Côte d’Azur aura été pour nous une révélation. Une région riche en découvertes! Ces habitants, loin d’être pincés, auront été d’une grande gentillesse et très chaleureux. Un coup de cœur dans notre voyage!